Accueil > Activités > Activités récréatives > Les cafés des femmes > Le vocabulaire féministe : quizz et lexique
Le vocabulaire féministe : quizz et lexique
mardi 7 juillet 2026
Notre dernier Café des femmes 2025-2026 s’est déroulé fin juin dans une cabane du port de La Teste-de-Buch, en extérieur, suivi d’une auberge espagnole. Le sujet choisi, le vocabulaire féministe, avait été préparé par deux de nos adhérentes, Hélène Carbonel et Véronique Cohu. Afin d’aborder le sujet de façon ludique, nos deux animatrices ont proposé un quizz collectif pour rendre plus attractif le lexique (non exhaustif) élaboré par leurs soins. Voici donc ci-dessous le quizz (qui a provoqué rires et sourires !) et le lexique. Amusez-vous bien !
Le quizz (réponses à la fin)
1) Adelphité
A) nouveau prénom asexué faisant fureur depuis les années 2020
B) mouvement féministe créé en 1985 par les femmes s’appelant Adèle
C) terme dépassant les notions de fraternité et de sororité afin de désigner la solidarité entre toutes-tous
2) Charge mentale
A) poids variant d’un cerveau selon qu’il soit éveillé ou endormi
B) organisation domestique principalement supportée par la femme dans un couple hétérosexuel l’empêchant de se concentrer sur d’autres activités
C) attaque de la cavalerie dans les monts « Mentale » aux USA
3) Cisgenre
A) dérivé de l’orthographe « six genres » désignant un groupe de six personnes de divers sexes
B) une personnes est cisgenre quand le genre attribué à sa naissance est le même que celui par lequel elle se définit
C) terme désignant un mammifère capable de changer plusieurs fois de sexe dans son existence
4) Hétéronormatif
A) hormone diversement répartie dans le corps humain selon le genre
B) nouvelle norme dans les diagnostics énergétiques établie début 2026
C) norme sociale selon laquelle l’hétérosexualité est la référence
5) Queer
A) terme anglais inspiré du mot français « cuir » qui désigne toute personne portant un vêtement en peau de vache
B) insulte québécoise à l’encontre des personnes ne correspondant pas aux normes hétéropatriarcales
C) terme désignant toute personnes se situant en dehors d’une identité de genre cisgenre binaire et/ou ayant une orientation sexuelle non-hétérosexuelle
6) LGBTQUIA+
A) acronyme désignant Les Gentils Binaires Tracassés Quand Un Imbécile Arrive+
B) code secret employé par la DGSE (services secrets français) pour désigner des gens chelou
C) sigle désignant de façon non exhaustive (+) les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, queers, intersexes et asexuelles
7) Pink washing
A ) nouvelle génération de machines à laver conçue par l’IA, dont l’écran se met au rose quand le cycle est fini
B ) poudre lavante labellisée par les LGBTQUIA+ permettant de teindre son linge aux couleurs de l’arc en ciel, quelle que soit sa couleur d’origine
C) procédé de marketing/communication utilisé par une organisation pour se donner une image progressiste, féministe, engagée. De la poudre aux yeux quoi !
8) Plafond de verre
A) célèbre plafond de la galerie des glaces du château de Versailles que beaucoup de cisgenres visitent
B) freins invisibles rendant difficiles voire impossible l’accès à des postes à très fortes responsabilités pour les femmes
C) locution dérivée de l’ancien français « plat fond de vert » désignant une soupière peu profonde dans laquelle était servie une soupe de cresson
9) Intersectionnalité
A) système mis au point par les syndicats pour créer une caisse commune afin d’organiser des gays prides
B) désigne le cumul des discriminations et des oppressions (sexe, race, genre, âge etc.) entraînant des préjudices
C) nouveau terme du code de la route indiquant, au nom de l’adelphité, qui a la priorité quand plusieurs routes se croisent
10) Effet Matilda
A) attribution à des hommes des découvertes scientifiques dues à des femmes. Honte à eux !
B) expression rentrée dans le langage courant inspirée d’un ouragan célèbre, dévastateur en Océanie
C) mauvaise orthographe pour « les fées Matilda », groupe de magiciennes proches des Walkyries mais plus sympas
Réponses :
1) C
2) B
3) B
4) C
5) B et C
6) C
7) C
8) B
9) B
10) A
Le lexique
Abolitionnisme : demande de dépénalisation des personnes prostituées et de la mise en place de mesures d’accompagnement pour leur réinsertion, la suppression de toute réglementation étatique (maisons closes, fichiers de police) qui reviendrait à officialiser le proxénétismes et, de fait, la répression du proxénétisme.
Adelphe/adelphité : ce terme vise à dépasser les notions de fraternité et de sororité qui peuvent être perçues comme continuant à produire des oppositions et de la différence. Il désigne la solidarité entre tous et toutes — hommes, femmes, personnes non binaires, etc.
Afro-féminisme : l’afro-féminisme est un mouvement féministe porté par les femmes noires, les femmes africaines et descendantes africaines vivant sur le continent européen. L’afro féminisme se nourrit de l’apport des théories féministes des féministes noires américaines, mais articule ses analyses et actions en lien avec l’histoire particulière du colonialisme, du racisme et de la création des identités de genre sur le continent européen.
Androcentrisme : le fait de prendre comme point de référence le point de vue et expériences des hommes, et ce de manière majoritaire ou exclusive. Il s’agit là du fameux « masculin universel » qui invisibilise l’existence et les expériences des femmes et autres catégories de genre.
Care : le terme care est un mot anglo-saxon. Complexe à traduire, il englobe un grand nombre de notions comme le fait de prendre soin d’autrui dans le cadre de liens relationnels intimes (familiaux, romantiques, amicaux), mais aussi professionnels (on parle des travailleur.ses du care pour faire référence aux aides à domicile par exemple). La notion de care est ambivalente, elle peut être positive comme négative. En effet, certaines féministes replacent la notion de care dans le contexte de la sphère domestique (et le travail domestique non rémunéré des femmes) et montrent sa face annihilante.
Charge mentale : la charge mentale est un « travail de gestion, d’organisation et de planification qui est à la fois intangible, incontournable et constant, et qui a pour objectif la satisfaction des besoins de chacun et la bonne marche de la résidence » (Brais cité dans Lenglet, 2018, p. 1). Ce terme permet d’approfondir l’inégale répartition des tâches et des positions au sein des couples hétérosexuels : ce sont sur les femmes que pèse le plus souvent la charge mentale (penser à ajouter un ingrédient sur la liste des courses, se rappeler de dates clés, penser aux repas, etc.) les empêchant de se concentrer sur d’autres activités non domestiques.
Cisgenre : une personne est dite « cisgenre » quand le genre attribué à sa naissance est le même que celui par lequel elle se définit
Consentement (à l’activité sexuelle) : ce consentement fait référence à la volonté des participants de s’engager dans une telle activité. Il doit être véritable, volontaire, spécifique et continu. Il doit être exprimé par une personne considérée comme capable de consentir, ce qui peut être évalué en fonction de différents facteurs comme l’âge, les handicaps potentiels, les rapports de forces inégaux et les contextes de vulnérabilité. Le consentement est à tout moment rétractable ; le fait de consentir à un acte n’équivaut pas à consentir à tout acte sexuel. Le consentement ne peut être déduit du silence ou de l’absence de résistance des victimes, ou des paroles qu’elles pourraient prononcer ou du comportement qu’elles pourraient adopter dans un contexte de contrainte, de menace de contrainte, ou lorsque les victimes se trouvent dans un environnement coercitif ou dans un état spécifique affectant leur capacité à donner un consentement véritable et volontaire.
Culture du viol : un ensemble de références et de comportements, volontaires ou non, qui banalisent, encouragent, excusent ou encore enjolivent les violences sexuelles. Exemples d’actions qui renforcent la culture de viol : rendre la victime responsable de l’agression (à cause de sa tenue vestimentaire ou d’une consommation d’alcool), mettre en doute sa parole, encourager les jeunes garçons à insister pour avoir des relations sexuelles et juger négativement les femmes qui en ont (phénomène qu’on appelle slut-shaming). La culture du viol découle de mythes liés aux stéréotypes de genre profondément ancrés dans nos sociétés.
Déconstruire (se) / déconstruction : il s’agit d’interroger ses propres représentations et mécanismes de perpétuation des normes de genre hégémoniques, et d’exercer un regard critique dessus. La déconstruction englobe, les pratiques, réflexes, savoirs et la production des savoirs. Il s’agit d’un processus continu. La recherche d’information permet d’accélérer cette prise de conscience et remise en question.
Empouvoirement : francisation du mot anglais empowerment que l’on peut traduire par autonomisation ou capacitation. Dans ce livre, il est utilisé pour décrire les processus et le résultat visant à donner plus de pouvoir (politique, social, individuel, etc.) à des groupes et personnes.
Effet Matilda : attribution de découvertes scientifiques féminines à un homme. Ce phénomène a été décrit pour la première fois par la suffragette et abolitionniste américaines Matilda Joselyn Gage (1826-1898). Le terme « effet Matilda » est inventé en 1993 par l’historienne des sciences Margaret W. Rossiter.
Essentialiser/Essentialisme : ce concept découle de projets philosophiques et scientifiques cherchant à définir ce que serait (et ne serait pas l’humain). C’est donc un processus de catégorisation et de généralisation de l’humain. Pour ce faire, ils se sont basés sur des attributs extérieurs, comme le corps, le caractère ou intérieurs, comme l’anatomie, la génétique. Ces caractéristiques sont appréhendées comme « naturels » et font état de lois. Utilisés par les discours religieux, scientifiques, politiques, ils ont construit l’homme blanc de sexe masculin comme l’être supérieur, puis la femme blanche comme inférieure, puis les hommes noirs, les femmes noires, etc.
Féminicide (ou gynécide ou gynocide) ; meurtre d’une ou plusieurs femmes ou filles pour la raison qu’elles sont des femmes. Il faut noter que le droit pénal français actuel ne considère en rien le féminicide comme étant constitutif d’une infraction dite autonome : en vérité, il s’agit d’un meurtre aggravé tout d’abord par rapport au fait qu’il a été commis du fait du sexe de la victime ou bien encore parce qu’il a été commis par le conjoint, concubin ou partenaire pacsé ou par l’ex-conjoint, l’ex-concubin ou l’ex-partenaire pacsé pour le cas particulier où le meurtre en question a été commis du fait des relations passées entre la victime et l’auteur de l’infraction. Ces règles sont prévues par les dispositions contenues au sein de l’article 132-77, l’article 132-80 et enfin l’article 221-4 du code pénal.
Féminisme : lutte pour l’égalité des genres et des sexualités, intrinsèquement politique et radicale contre le système patriarcal établi. Lisa Gordon, historienne, dans What’s new in Women’s History en 1986 définit le féminisme comme « une critique de la suprématie masculine, forgée […] à la lumière d’une volonté d’en changer le cours, qui elle-même repose sur la conviction qu’un tel changement est possible. »
Genderqueer : un terme parapluie pour les personnes ayant une identité de genre qui se retrouve à l’extérieur de la binarité des genres (féminin/masculin).
Gender Mainstreaming (politique transversale du genre) : cette approche intégrée de l’égalité entre les femmes et les hommes consiste à évaluer les différentes implications pour les personnes de sexes différents de chaque action politique planifiée. L’approche intégrée de l’égalité promeut surtout une approche pluraliste (à appliquer dans toutes les institutions politiques, et non uniquement celles spécifiquement dédiées à l’égalité femmes-hommes) qui valorise la diversité parmi les personnes de sexes différents, en intégrant les spécificités de leurs situations et dynamiques sociales, contrairement à la neutralité de genre.
Genre (social) : système de bi-catégorisation hiérarchisée entre les sexes (hommes/femmes) et entre les valeurs et représentations qui leur sont associées (masculin/féminin). Le genre est une construction sociale, un processus relationnel — construisant en opposition le féminin et le masculin —, et un rapport de pouvoir imbriqué dans d’autres rapports de pouvoirs (de classe, race, sexualité, âge, etc.).
Hétéronormativité : norme sociale selon laquelle l’hétérosexualité est la norme, la référence. Selon cette approche, l’hétérosexualité est la seule orientation sexuelle possible ou attendue comme normale. Les relations sexuelles et conjugales envisagées sont uniquement hétérosexuelles. C’est ce qui motive l’homophobie et pousse les personnes non-hétérosexuelles à faire un coming out, car tout le monde est, sinon présumé.e hétérosexuel.le.
Hétérosexualité : être attiré.e par les personnes du genre binairement opposé au nôtre (femmes-hommes).
Incel : ce néologisme anglais de involuntary celibate, en français “chaste involontaire” ou “célibataire involontaire” est apparu en 1997. Le terme est de plus en plus employé par des communautés en ligne dont les membres se définissent comme étant incapables de trouver une partenaire amoureuse ou sexuelle. Ceux qui se déclarent incels sont en majorité des hommes cisgenres et hétérosexuels, de la mouvance masculiniste, souvent d’extrême-droite. Ils sont mysogines et prônent la violence contre les femmes libres qu’ils accusent de tous leurs problèmes. Les incels surestiment l’importance de l’attractivité physique et de l’argent pour les femmes. Cette haine a poussé des incels à une douzaine de meurtres depuis 2014, dont une tentative en 2025 en France.
Intersectionnalité : concept créé en 1991 par Kimberlé Crenshaw, afro-américaine, juriste et professeure de droit. Il s’agit d’un outil pour analyser comment les formes de discriminations et les systèmes d’oppressions se cumulent (race, sexe, âge, religion, orientation sexuelle, classe sociale, capacité physique etc.) et entraînent une augmentation des préjudices subis. Il permet de mieux comprendre les relations sociales et d’interroger leurs dynamiques. Initialement, le concept a été décrit pour parler de la réalité des femmes noires qui subissaient à la fois les effets et les discriminations liés au sexisme et au racisme.
Justice reproductive : concept développé en 1994 par un collectif d’afro-féministes militant dans le mouvement pro-avortement « Sister Song, Women of Color Reproductive Justice ». La justice reproductive renvoie à la capacité d’avoir le pouvoir social, matériel, politique et le niveau d’information adéquat pour choisir sa fertilité, accéder à des services contraceptifs, prendre en charge sa sexualité. Cela de manière libre et juste sans discrimination de genre, d’âge, de classe, de caste, d’habilité.
Leadership féminin : désigne les femmes qui ont accès aux sphères décisionnelles y compris au-delà de la définition androcentrée, les femmes d’influence et dont l’action dans chaque sphère d’activité professionnelle ou sociale a un impact social, économique ou sociétal positif, selon la définition inclusive et du pouvoir.
Lesbianisme : attirance sexuelle et/ou romantique entre personnes s’identifiant comme femmes (ou homosexualité féminine).
LGBTQIA+ : ce sigle est utilisé pour désigner de manière non exhaustive (le +) les personnes non cisgenres et/ou non-hétérosexuelles, c’est-à-dire, notamment, les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, queers, intersexes et asexuelles.
Male gaze : concept désignant l’imposition d’images conçues par et pour un regard masculin au public, dans le cadre de la culture visuelle et médiatique dominante.
Masculinisme : mouvance de défense des hommes qui prétend que l’égalité de genre a été atteinte et que les hommes sont victimes de désavantages dans le système actuel.
Masculinité : ce sont l’ensemble des caractéristiques physiques, comportementales, psychologiques, sociales qui sont considérées comme spécifiquement appartenant aux hommes. Ces caractéristiques sont des constructions sociales et fixent un cadre pour l’expression de genre.
Masculinité hégémonique : construction traditionnelle hétéronormée de la masculinité intégrant un ensemble de comportements et représentations fixés comme un idéal (ne pas montrer ses émotions, être agressif et compétitif, séducteur, hétérosexuel, mépris des femmes et des personnes homosexuelles, avoir du succès et de l’argent).
Masculinité toxique : concept relativement peu utilisé par le monde universitaire, mais s’étant fait une place dans les médias et dans les milieux féministes. Ce concept souhaite mettre en lumière la construction sociale de la masculinité qui pousse les hommes à avoir des comportements nocifs envers les autres et eux-mêmes (violence, autodestruction, domination, criminalité, difficultés à exprimer ses émotions, etc.).
Mégenrer : c’est le fait d’utiliser le mauvais pronom pour identifier et s’adresser à une personne. Par exemple, utiliser « il » pour une personne s’identifiant comme non-binaire et/ou femme.
#MeToo : la 1ère campagne Me Too est lancée en 2007 par Tarana Burke, une travailleuse sociale afro-américaine, pour dénoncer les violences sexuelles, notamment envers les minorités. La date de popularisation du mot dièse est située en octobre 2017. En France, c’est la journaliste Sandra Muller qui lance #balancetonporc. Aux USA, l’actrice Alyssa Milano traduit l’idée française par #Metoo. Cela se transforme en un mouvement féministe transnational aiguillonné par les plaintes pour agressions sexuelles et viols à l’encontre du producteur de cinéma américain Harvey Weinstein. Le hashtag #MeToo s’est répandu sur les réseaux sociaux en permettant à des femmes du monde entier de témoigner des violences sexuelles et sexistes dont elles ont été victimes.
Mouvements de femmes : définition de Sonya Alvarez, dans Engendering Democracy in Brazil en 1990, « un ensemble de mouvements composés majoritairement, mais pas nécessairement exclusivement, de femmes, qui formulent des revendications vis-à-vis des systèmes culturels et politiques sur la base des rôles historiques de genre historiquement attribués aux femmes ». Ce sont des mouvements aux objectifs variés et qui n’ont pas toujours comme objectif d’agir contre les inégalités de genre. Il existe même des mouvements de femmes conservateurs antiféministes.
Mouvements féministes : mobilisations collectives qui placent le féminisme ou la contestation de la hiérarchie de genre, au cœur de leur agenda militant.
Némésis : le collectif Némésis se présente comme étant féministe et d’extrême droite identitaire. Il a été créé en 2019 en France, et s’est constitué en association en 2021. Sa fondatrice et présidente est Alice Cordier, 30 ans, proche des groupuscules néonazis. Némésis était, dans la mythologie grecque, la déesse du châtiment, de la vengeance.
Non-binaire : personne qui s’identifie en dehors des normes relevant de la dualité de genre binaire homme-femme. Les personnes non-binaires peuvent s’identifier comme n’ayant pas de genre, comme étant entre les genres ou comme ayant un genre qui n’est pas toujours le même. Les personnes qui se considèrent comme non-binaires peuvent, ou non, s’identifier comme transgenre.
Orientation sexuelle : Il existe de multiples orientations sexuelles. Attirance sexuelle pour le genre binairement opposé (hétérosexualité), les personnes appartenant au même genre que soi (homosexualité), aux deux genres (bisexualité) ou aux personnes sans condition de genre (pansexualité).
Patriarcat : système de domination et de pouvoir entre les genres. Il désigne le rapport asymétrique existant dans les relations entre femmes et hommes, dans la distribution et la possession de ressources et le monopole du pouvoir qui se fait en faveur des hommes.
Performance / Performer : performer le genre/son genre signifie que le genre n’est pas un attribut inné ou naturel chez les individus, mais consiste en un ensemble de pratiques et de procédés (se fondant sur les normes existantes de ce que sont la féminité et la masculinité), comme les habits que l’on porte, la manière de marcher, etc., qui sont appris et joués au quotidien dans le cadre de nos interactions sociales. L’ensemble de ces pratiques créent et renforcent l’idée de ce que seraient la féminité et la masculinité.
Pink washing : procédé de marketing/communication utilisé par une organisation (un État ou une entreprise par exemple) pour se donner une image progressiste, féministe, engagée, sans s’engager réellement dans les faits, cela, afin d’améliorer sa réputation (pour une entreprise, dans l’objectif de plus vendre par exemple).
Plafond de verre : terme généralement utilisé par les féministes dans le cadre des inégalités de salaire et de positionnement hiérarchique entre les femmes et les hommes au sein des structures hiérarchiques. Il désigne les freins invisibles rendant difficile voire impossible l’accès à des postes a très fortes responsabilités ou à fortes rémunérations pour les femmes.
Queer : à l’origine un mot anglais, équivalent d’étrange/atypique/bizarre, traduit comme altersexuel au Québec. C’était une insulte à l’encontre des personnes ne correspondant pas aux normes hétéropatriarcales dans les années 90. Cette insulte a été réappropriée par les personnes concernées (on parle de retournement du stigmate) et désigne aujourd’hui toutes les personnes se situant en dehors d’une identité de genre cisgenre binaire et/ou ayant une orientation sexuelle non-hétérosexuelle.
Racisé.e : ce mot désigne les personnes renvoyées à une appartenance raciale particulière (les personnes noires, arabes, asiatiques, etc.) expliquant un vécu d’altérisation (les « autres ») et de discrimination. Ce processus est celui de la « racisation » ou « racialisation » de certains groupes en référence au groupe dominant impensé et bénéficiant de l’idéologie raciale, les personnes blanches. Les conditions de vie des personnes racisées continuent d’être déterminées par le racisme.
Slut-shaming : terme anglo-saxon. C’est le fait de critiquer, rendre honteuses, humilier, les filles et les femmes qui démontreraient une attitude sexuellement provocante par leurs comportements et habillement. Elles sont perçues comme violant les normes de la « bienséance » féminine et sont punies pour cela.
Sexe biologique : construction historique et sociale différenciant et catégorisant les êtres humains en fonction de certaines caractéristiques biologiques (ADN, hormones, gonades, organes génitaux). Il est l’expression de caractères sexuels traçant une ligne opposée entre deux classes : le mâle et la femelle ou l’homme et la femme. L’homme et la femme ne sont pas des identités, mais des constructions biologiques objectives.
Stigmatisation : théorisé par le sociologue Erving Goffman en 1963 dans son ouvrage Stigmate. Les usages sociaux des handicaps. Un stigmate est un attribut, classiquement visible, chez un.e individu.e qui le/la distingue des autres. La stigmatisation est le processus par lequel les autres identifient et construisent cet attribut comme en inadéquation avec les attentes et normes sociales à travers les interactions qu’ils/elles ont avec l’individu stigmatisé.e. Les cicatrices à la suite de pratiques automutilatoires ou une coloration rouge du visage chez les personnes alcooliques peuvent être considérées comme des stigmates.
Sororité : terme féministe développé et utilisé pour avoir un équivalent au terme fraternité. Il vient du latin soror, voulant dire sœur. Il désigne la solidarité entre femmes, pour les femmes. Pour Chloé Delaume, c’est « une relation horizontale, sans hiérarchie ni droit d’aînesse. Un rapport de femme à femme, ni fille ni mère (…) » (Delaume, 2021, p. 9).
Thérapie de conversion : interventions médicales, stages « thérapeutiques » développés et mis en œuvre par les institutions religieuses, notamment l’Église catholique, visant à « guérir » les personnes homosexuelles croyantes et pratiquantes, pour les forcer à adopter une sexualité hétérosexuelle.
Trans et transgenre : une personne est transgenre quand le sexe, c’est-à-dire le genre assigné à la naissance d’après ses organes génitaux, ne correspond pas à son identité de genre. Le terme transgenre est le plus pertinent et tend à remplacer « personne transexuelle » qui définit strictement une personne qui a fait une chirurgie génitale. Transgenre est un terme qui inclut, sans s’y limiter, les femmes trans (affirmant leur identité de femme), les hommes trans (affirmant leur identité d’homme), aux personnes de 7 genres fluides, aux personnes de genres non-binaires, etc. Une personne ne doit pas avoir eu de chirurgie de confirmation de genre ou même le vouloir pour être trans.
Transphobie : ensemble d’actions, de comportements, de manières de s’exprimer (langage, remarques) négatives dirigées à l’encontre des personnes transgenres dans le but de les blesser et de nier leur existence. La transphobie est la négation de la transidentité en tant que catégorie identitaire valide.
Travail reproductif : ce terme désigne l’ensemble des métiers qui permettent de maintenir les êtres humains en vie et d’aller au travail. Ce travail se situe généralement dans la sphère domestique et est effectué par les femmes. Il englobe l’éducation, l’attention sentimentale et psychologique, l’entretien de la maison, le fait de nourrir sa famille, etc.
Travail du sexe : fait de travailler dans les industries du sexe. Ce terme englobe de nombreuses pratiques : effeuillage, travail de rue, pornographie, webcam, escorting (accompagnement sexuel), etc.
Violence liée au genre ou violence de genre : la violence basée sur le genre est une violence perpétrée contre une personne en raison de son genre, réel ou perçu par l’auteur. Il s’agit d’un terme général qui englobe un large éventail d’actes de nature différente, notamment de natures sexuelle, physique, psychologique, émotionnelle, administrative, économique et structurelle. Bien que les femmes et les filles soient les principales victimes de ce type de violence, tous les genres sont concernés.
Violences sexuelles : ces violences sexuelles ne peuvent pas être définies exhaustivement. Cependant, parmi elles, on compte des actes comme le viol, l’esclavage sexuel, la prostitution forcée, le mariage forcé, la nudité forcée et tout autre acte de nature sexuelle, commis sans consentement véritable et/ou en utilisant la force ou dans des circonstances coercitives.
Violence domestique : tout acte de violence physique, sexuelle, psychologique, émotionnelle, verbale, financière ou administrative qui se produit au sein de l’environnement familial ou affectif ou en lien avec une relation intime présente ou passée. Cela inclut par exemple la violence commise à l’encontre d’un conjoint, d’un partenaire, d’un ancien partenaire, d’un membre de la famille ou de toute autre relation similaire dans laquelle les personnes cohabitent ou ont cohabité. La violence domestique peut également inclure le contrôle du comportement d’une personne, l’isolement d’une personne ou l’invasion de sa vie privée par une extrême surveillance ou en lui imposant un style physique. Cette violence est souvent enracinée dans les inégalités sociales et sociétales ainsi que dans les normes et attitudes patriarcales et les stéréotypes de genre. Ce type de violence existe dans toutes les sociétés, bien qu’à des degrés divers, et touche les femmes et les filles de manière disproportionnée, même si les hommes et les garçons peuvent également en être victimes.
Femmes Solidaires Bassin d'Arcachon 



