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Retour sur le ciné-débat

samedi 16 octobre 2010

Autour du film " la domination masculine"

Environ 90 personnes ont assisté Vendredi 8 Octobre dernier, au Ciné-débat, organisé par notre association autour du film« La domination masculine »projeté au cinéma Gérard Philippe de La Hume dans le cadre des « rendez-vous du cinéphile »proposé par le service culturel de la ville de Gujan-Mestras.
Les spectateurs étaient invités à nous rencontrer dès 20 h pour faire connaissance avec notre association (affichettes, renseignements et informations diverses).

Avant la projection, M.Villeneuve, responsable du service culturel, a fait une brève présentation du film et de son réalisateur (un document ayant été distribué auparavant).
Nous avons pris la parole à notre tour,
- d’abord pour un exposé succinct de nos actions et missions au plan local ( territoire de la Cobas ), et de nos coopérations diverses au plan départemental ( Collectif bordelais pour les droits des femmes, Planning Familial, Apafed…), comme à un degré plus élargi grâce à notre bureau national,
- et ensuite pour situer le film et son réalisateur Patric Jean. Celui-ci a dit :
« On ne travaille pas à un sujet tel que la domination masculine pendant des années sans être impliqué personnellement dans la thématique.,
Le film est pour moi le résultat d’une réflexion personnelle alimentée par les nombreux travaux en la matière, tant en histoire, sociologie, biologie, psychologie, démographie…
La question des injustices tournées contre les femmes, chez nous comme ailleurs, ne pourra se réduire que par la culture et l’instruction basées sur des préceptes nouveaux d’où seront bannis les vieux réflexes sexistes. »

A l’issue de la projection, pour amorcer les discussions, que Patric Jean imaginait très vives, nous avons lu un nouveau texte de l’auteur :
« Moi-même, je suis un homme. Comme beaucoup d’autres, je suis plus dans la règle que dans l’exception. Je suis, dans ma famille, de la première génération où l’on ne frappe pas sa compagne. Je n’en tire aucune fierté, conscient qu’un parcours est fait de rencontres et que ce sont souvent les autres qui ont le mérite de ce que nous sommes.
J’ai reçu, comme le coquelet de la basse-cour, la formation d’un petit machiste phallocrate et sexiste. Sur la cheminée trônait le précepte d’une vie : « là où il y a un foyer heureux, il y a une mère oublieuse de soi ! ».
Pour paraphraser Simone de Beauvoir
, « on ne naît pas homme, on le devient ». A vingt ans, je justifiais encore par nos différences biologiques les places différentes occupées par l’homme et la femme dans le monde. Je trouvais les femmes plus sensibles et donc plus aptes à s’occuper des enfants.
Je ne sais plus aujourd’hui ce que c’est qu’être un homme, et cela m’a permis de mieux savoir qui je suis.
Car ce qui m’intéresse en faisant ce film, c’est de faire ressentir toutes ces habitudes, tous ces réflexes, toutes ces images, tous ces clichés que l’on ne voit plus et qui pourtant continuent d’organiser nos rapports homme/ femme sous l’axe d’une domination qui ne dit plus son nom et qui, dans certains cas, mène à la violence la plus terrible. »

La première intervention a mis en cause l’image de la femme dans les publicités, notamment quand dans le film on voit de belles jeunes femmes utilisées comme des objets pour faire vendre des voitures. Plus tard dans les discussions, il a été question des scandaleuses vitrines de Noël des Galeries Lafayettes à Bordeaux où l’image de la femme apparaît dégradée.
Le plus extraordinaire revient à l’épisode du « speed-dating »où l’on est consterné de constater que ce sont souvent les femmes, victimes à leur insu des stéréotypes ancestraux, qui perpétuent inconsciemment les clichés : la femme est au service de l’homme, elle doit tout faire pour qu’il brille, lui ! quitte à s’oublier soi-même et aussi à supporter le pire des harcèlements. D’ailleurs, la deuxième partie du film porte essentiellement sur les violences conjugales, faisant écran à la question lancinante de l’égalité dans l’identitaire, selon plusieurs spectateurs masculins qui ont plutôt mis l’accent sur la nécessité de mener un combat ensemble, femmes et hommes pour une société nouvelle où les hommes seraient obligés de « renoncer » à leurs acquis et privilèges hérités du patriarcat et de la genèse, et où les femmes accepteraient la notion de vigilance citoyenne en lieu et place du concept de féminisme jugé trop sexiste. La lutte féministe se situant aux antipodes du mouvement violent des « masculinistes »dont le film débat longuement.
Dans ce concept de vigilance, qui nous tient beaucoup à cœur chez Femmes Solidaires, nous pouvons dresser une liste non exhaustive des combats à mener devant les reculs de nos droits chèrement acquis, devant les attaques contre l’Ivg et la contraception, devant les théories réactionnaires qui n’hésitent pas, comme le font les masculinistes à avancer masqués ( exemple : l’instrumentalisation de la garde alternée ), ou comme le fait l’économie ultra libérale ( exemple : le temps partiel féminisé à outrance …).
Ainsi sommes-nous en phase avec les points de vigilance évoqués par les spectateurs et spectatrices de ce film :
° Vigilance envers les jeunes générations auxquelles nous devons expliquer le long combat des femmes pour une égalité réelle et non illusoire : travail, salaire, citoyenneté, vie privée…alors que se dessine un vrai et dangereux« ressac » qui pourrait ruiner tous nos efforts si nous ne le prenions pas au sérieux.
° Vigilance pour le maintien du droit universel à accéder à la contraception ainsi qu’au maintien au droit à l’Ivg ; et pour cela se montrer très attentifs aux tentatives de démantèlement des centres de planification et aux baisses drastiques de subventions au Planning Familial notamment.
° Vigilance pour la mise en oeuvre d’une éducation non sexiste à l’école comme à la maison : relations garçons/filles, jouets, comportements, idées reçues et stéréotypes à déconstruire.
° Vigilance contre les violences faites aux femmes, qu’elles soient conjugales ou culturelles ( excision ), physiques ou morales ( harcèlement, contraintes …). Lutte pour l’accès au respect de la personne quelle qu’elle soit.
Etc…

Après ce débat, riche et animé sans animosité, les spectateurs furent nombreux à partager le verre de l’amitié avec nous tout en poursuivant d’intéressantes conversations.

Conclusion : force est de constater que notre association colle toujours de très près à l’actualité et que malheureusement, au vu de ce qui se passe autour de nous en France et dans le Monde, nos combats féministes sont loin d’être terminés !

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